Débat sur les salaires en France
- 16 janv. 2024
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Dernière mise à jour : 27 févr. 2024
Lors d’un débat organisé à l’hémicycle sur les salaires en France, j’ai porté la parole du groupe Démocrate. Mon intervention s’est structurée sur deux axes :
D’abord sur les classes moyennes, pilier de notre société, et qui restent marquées par des fragilités — avec des niveaux de revenus en stagnation depuis 2008 — et un profond sentiment de déclassement. Elles sont globalement moins bénéficiaires du système, et subissent de plein fouet les effets de l'inflation. La récente augmentation du salaire minimum de plus de 6% et les mesures en faveur des fonctionnaires sont des pas dans la bonne direction, mais nous devons continuer à les soutenir.
Par ailleurs, le tassement des salaires dans plusieurs secteurs, malgré une inflation croissante, est alarmant. Cette stagnation salariale est un facteur clé du sentiment de déclassement économique et social ressenti par certains. Il est crucial de trouver des solutions pour stimuler la croissance salariale et garantir que les fruits de la croissance économique soient partagés de manière plus équitable.
Le second sujet que j’ai évoqué concerne l’inégalité salariale flagrante entre les femmes et les hommes. Cela a été rappelé par la Fondation des femmes et le défenseur des droits : un tiers des femmes sont impactées négativement dans leur travail en raison de leur maternité et seulement 9% des hommes réduisent leur activité professionnelle à la naissance du premier enfant, contre 36% des femmes. À temps de travail équivalent, les femmes cadres gagnent 16 % de moins que les hommes. Pour être tout à fait précis, cet écart diminue à 5% en comparant les salaires à poste équivalent au sein d’une même entreprise.
Ces sujets sont d’une importance capitale, et j’ai appelé l’Assemblée nationale à s’en saisir avec intelligence, pragmatisme et réflexion, en laissant de côté les idéologies, les dogmes et les petites phrases. Il faut se prévenir des effets d’aubaine issues des décisions que le Parlement pourrait prendre et qui pourraient avoir des conséquences délétères sur nombres de travailleurs.
Relever le défi de l’égalité salariale peut se faire sur le modèle de la Directive sur la transparence des rémunérations, adoptée en mars 2023 par le Parlement européen et à laquelle toutes les entreprises françaises devront se conformer avant le 7 juin 2026. La transparence salariale peut être un outil permettant de lutter contre la discrimination.
Face à ces défis, les récentes annonces du président de la République pour un Acte II d'une loi pour la croissance, sont encourageantes. Cet engagement témoigne d'une prise de conscience des difficultés rencontrées et offre une opportunité de répondre efficacement à ces enjeux. Je reste engagée à travailler pour une société où l'équité et la prospérité sont à la portée de tous.



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